Tuesday 17. September 2019
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La Croix, 10/12/2018

 

La Commission des épiscopats de l’UE soutient le pacte de Marrakech

 

Le pacte sur les migrations de l’ONU, qui vient d’être approuvé à Marrakech, lundi 10 décembre, suscite de vives réactions notamment au sein des pays de l’Union européenne.

 

 

La Croix - Dans ce contexte, le président de la Commission des Épiscopats de l’Union européenne, Mgr Jean-Claude Hollerich, a déclaré son soutien, dans un communiqué, à ce pacte sur les migrations.

 

Le pacte mondial de Marrakech sur les migrations, approuvé dans la matinée du lundi 10 décembre, suscite de très vives réactions. Cet accord, élaboré à partir de décembre 2017, est un texte non contraignant pour les États, qui se contente d’établir un certain nombre de principes, que les nations signataires, dont la France, s’engagent – par principe – à respecter.

 

Dans les grandes lignes, le texte réaffirme la défense des droits humains, en interdisant les détentions arbitraires et en autorisant les arrestations qu’en dernier recours. Il dresse également une liste de propositions pour mieux accompagner les migrations au niveau mondial en systématisant notamment les échanges d’informations entre États.

 

Campagne de discrédit autour d’un accord non contraignant

 

Les États-Unis ont été parmi les premiers à se dresser contre ce pacte jugeant qu’il était incompatible avec la politique voulue par Donald Trump et qu’il portait un coup sévère à la souveraineté des États en matière de migrations, malgré son côté non contraignant. Les nationalistes de tous bords leur ont emboîté le pas, à grands coups de déclarations chocs et parfois même de fausses nouvelles sur les réseaux sociaux, ce dont s’est d’ailleurs émue Louise Arbour, la représentante spéciale de l’ONU pour les migrations.

 

« Il est étonnant qu’il y ait eu autant de désinformation à propos de ce que le pacte est et de ce qu’il dit. Il ne crée aucun droit de migrer et ne place aucune obligation sur les États » a-t-elle déclaré dimanche soir au cours d’une conférence de presse à Marrakech.

 

Une quinzaine de pays, en grande partie européens, ont décidé de se désengager ou de surseoir leur approbation à ce pacte. L’Autriche, l’Australie, la République tchèque, la Hongrie, ou encore la Pologne ne s’engageront donc pas tandis que la Belgique ou encore l’Italie demandent une consultation plus approfondie avant de rejoindre les pays signataires.

 

Les mots du pape François pour soutenir l’accord

 

C’est dans ce contexte que la Commission des épiscopats de l’Union européenne (COMECE) a décidé de prendre la parole par la voix de son président, Mgr Jean-Claude Hollerich, archevêque de Luxembourg. Dans un court message, dont la conclusion est aussi concise que claire, Mgr Hollerich écrit : « rappelant les exhortations du Saint-Siège sur ce sujet, la COMECE encourage les États membres de l’Union européenne à faire de ce pacte mondial un accomplissement pour le bien commun d’une humanité partagée ».

 

L’archevêque de Luxembourg, s’inscrit, en effet, durant tout son message, dans les pas du pape François pour réaffirmer « une responsabilité commune » à « accueillir, protéger, promouvoir et intégrer les migrants et les réfugiés ».

 

Selon la COMECE, le pacte de Marrakech est un pas supplémentaire vers une « gestion mondiale et partagée des migrations ». Mgr Hollerich se réjouit que le texte reconnaisse « la responsabilité partagée des autorités et des sociétés des pays de départ,
de transit et d’arrivée pour encadrer et réglementer les migrations dans l’intérêt de toutes les personnes et communautés concernées ».

 

Et d’ajouter que ce pacte « vise à assurer la sécurité et la protection des personnes migrantes ainsi que des sociétés d’accueil en promouvant des voies de migration légales, empêchant ainsi le trafic d’êtres humains, les voyages meurtriers, les bouleversements familiaux et la violence ».

 

Julien Tranié

La Croix

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