Wednesday 20. October 2021
2013

 

Une approche plus humaine de la migration

 

Après le naufrage, qui a coûté la vie à plus de 300 migrants qui avaient tenté en vain  d’atteindre l’île de Lampedusa le 3 octobre dernier, la migration est devenue le thème numéro un dans tous les pays européens. Cette tragédie a touché les cœurs mais a aussi focalisé les esprits sur la détresse des migrants et la façon dont ils étaient traités. Cependant, le fait que plus de 20,000 personnes se soient noyées ces dernières années dans leur tentative de traverser la méditerranée doit nous faire réfléchir. Les évêques de la COMECE ont ainsi consacré leur assemblée plénière d’Automne (12-15 novembre à Bruxelles) à l’étude du phénomène actuel de la migration et de l’asile dans le cadre de l’UE.

 

Une approche plus humaine de la migration

Il est important de garder à l’esprit la distinction entre migration régulière et irrégulière. Les évêques estiment que, même si le cadre légal doit être dans tous les cas respecté, il nécessite néanmoins une plus grande flexibilité et ouverture aux situations humaines particulières.

 

Un fonctionnaire de la Commission européenne (DG Affaires intérieures) a présenté aux évêques le cadre légal dans lequel la question de la migration et de l’asile était traitée. Bien qu’il y ait des instruments juridiques à mettre en place en théorie de façon uniforme, les Etats membres les appliquent de façon disparate. Les Etats membres méditerranéens ont ainsi le sentiment de porter une trop grande part du fardeau. Les évêques ont ainsi reçu une lettre de leurs confrères maltais demandant plus de solidarité envers leur pays. Il est donc essentiel que tous les Etats membres soient solidaire entre eux.

 

Si un cadre de vie pacifié ou les conditions économiques et sociales dans leurs pays d’origine le leur permettaient, il est certain que la plupart des candidats à l’émigration préféreraient rester chez pour continuer à y vivre avec leurs familles. Une plus grande aide aux pays d’origine pourrait donc inciter des candidats à la migration à rester dans leur patrie. Les évêques sont d’avis qu’une politique d’aide coordonnée en direction des pays d’origine et de transit est nécessaire pour endiguer les flux migratoires. C’est pourquoi il est nécessaire de développer une politique de migration de l’UE plus cohérente, qui soit davantage coordonnée avec les autres politiques de l’Union (notamment les politiques commerciale, de coopération et les affaires étrangères).

 

La COMECE insiste sur la mise en place d’une approche plus humaine dans les politiques de migration et d’asile et compte contribuer par des propositions en ce sens à la refonte en 2014 de la future Politique des affaires intérieures de l’UE.

 

Les évêques ont également examiné l’expérience pratique de la Communauté de Madrid en terme d’intégration des migrants. Les autorités régionales et locales sont en effet des acteurs clés de l’intégration des migrants. Les communautés paroissiales peuvent, elles aussi, jouer un rôle crucial dans l’accueil et l’intégration des migrants.

 

Le trafic des êtres humains est un scandale

On estime qu’à l’heure actuelle dans l’UE, 880,000 personnes sont victimes des réseaux de trafic d’être humains. Il s’agit notamment de victimes de travail forcé, de l’industrie du sexe ou du trafic d’organes. L’esclavage moderne, une émanation de la migration irrégulière, est en effet extrêmement lucratif.

 

Les évêques ont reçu avec émotion le témoignage d’une femme victime de ce trafic, de la fondation Sophie Hayes. Ils ont également pris connaissance des succès de la lutte contre ces crimes et du programme de sauvetage et de réinsertion des victimes, mis en place en partenariat avec l’unité anti trafic de Scotland Yard et la conférence épiscopale d’Angleterre et du Pays de Galles. Il est apparu que ce modèle de bonne pratique et de partenariat, qui fonctionne avec succès au Royaume-Uni, pourrait inspirer les évêques catholiques, les organisations, notamment les congrégations de religieuses, dans d’autres pays membres de l’UE.

 

Plus d’hospitalité dans l’Eglise

Enfin, les évêques de la COMECE sont particulièrement préoccupés par la xénophobie dont sont victimes les migrants, de part et d’autre en Europe. Or, ils rappellent que les migrants représentent une chance pour nos sociétés et nos communautés paroissiales, de part la variété de talents, de cultures et de compétences qu’ils nous apportent. Il est donc essentiel que les communautés paroissiales en Europe accueillent les migrants et s’efforcent par tous les moyens à les faire se sentir chez eux parmi nous.

 

 

Contact: Johanna Touzel, COMECE Spokesperson and Press Officer

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